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Colloque Acedle 7, 8 et 9 juin 2012 – Université de Nantes

Le locuteur natif dans l’enseignement des langues en contexte mondialisé

KRAMSCH Claire – UC Berkeley
ckramsch@berkeley.edu

Malgré les assauts répétés des chercheurs et du monde académique, le mythe du locuteur natif a la vie dure. Le locuteur natif est imbu de toutes sortes de pouvoirs pédagogiques, idéologiques et commerciaux et la linguistique de corpus a renouvelé l’illusion d’authenticité associée à sa langue. Cependant, dans un contexte désormais mondialisé, avec ses pratiques plurilingues et ses multiples centres d’autorité, la légimité et l’authenticité du locuteur natif sont à nouveau remises en question. Qui doit aujourd’hui servir de modèle aux apprenants : Le natif monolingue qu’ils n’auront jamais l’espoir de devenir et qui est de toutes facons une espèce en voie de disparition, ou le locuteur plurilingue et pluriculturel qui sait voir et dire les choses à la fois du dedans et du dehors ? La question sera discutée du point de vue de la théorie et de la pratique de l’enseignement des langues étrangères.

Programme du colloque Acedle 2012, 7-8-9 juin 2012

Colloque Acedle 7, 8 et 9 juin 2012 – Université de Nantes

L’ancrage corporel des langues

ADEN Joëlle – Université du Maine,
UNAM, CREN EA 2661 – INEDUM
j.aden@numericable.com
Les avancées des neurosciences cognitives redessinent depuis plus de vingt ans les cartes conceptuelles de la connaissance sans que cela n’ébranle fondamentalement les didactiques. Beaucoup de recherches actuelles en didactique des langues et du plurilinguisme, focalisées sur l’exploration et l’analyse de dispositifs, s’appuient implicitement sur une vision solipsiste et représentationniste de la connaissance et du langage. Pourtant, la phénoménologie contemporaine, les théories émergentistes et plus particulièrement la théorie de l’énaction (Varela) à laquelle j’adosse mes travaux, font partie de ces courants qui remettent
profondément en question ce que veut dire « apprendre et enseigner des langues ».
Nombre de notions et concepts contemporains, à la croisée de plusieurs champs disciplinaires, nous laissent entrevoir un tournant ontologique inéluctable. J’évoquerai notamment la phénoménologie de l’action conjointe (Parcherie, 2012), l’auto-poïèse (Varela, Maturana, 1987), la théorie du changement de point de vue (Berthoz, 2004), l’empathie (Berthoz & Jorland, 2004), (Thirioux & Berthoz, 2010). Ces avancées nous invitent à réintroduire l’expérience corporelle, le sensoriel, l’émotionnel au coeur d’une « pédagogie de l’entre », dans une logique translangues et transcultures. J’illustrerai mes propos par des expérimentations
en cours.